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Plantes marines, algues et lichens

Faut-il rappeler que les végétaux sont des organismes autotrophes c'est à dire qu'il produisent de la matière organique dans le cadre de la photosynthèse à partir de l'énergie solaire, de minéraux et de gaz carbonique.

L'essentiel le la biomasse végétale est microscopique (le phytoplancton). Les végétaux macroscopiques sont surtout les algues mais aussi quelques plantes à fleurs aquatiques (des plantes terrestres qui sont retournées à la mer).

Les algues et les plantes à fleurs sont des organismes eucaryotes (vraies cellules) mais la photosynthèse est aussi réalisée par les Cyanobactéries (appelées à tort "algues bleues") qui sont des organismes procaryotes. Il y a plus de 2 milliards d'années notre terre était dépourvue d'oxygène mais les cyanobactéries sont apparues ... et la composition de l'atmosphère terrestre a progressivement évolué.

Quant aux lichens c'est un peu plus compliqué ...

Les plantes marines

Commençons par les plantes à fleurs du supralittoral (zone des embruns qui est exceptionnellement recouverte lors des marées d'équinoxe).
Ces plantes doivent être adaptées à la salinité ambiante. Elles doivent aussi pouvoir résister à la sécheresse estivale.
Il faut distinguer les plantes des estrans sableux de celles des estrans rocheux.

Plantes supralittorales des estrans sableux :

Plantes supralittorales des estrans rocheux :

Ci-dessous : Oyat, Panicaut maritime, Criste marine et Armérie maritime
plantes maritimes plantes maritimes
plantes maritimes plantes maritimes

Les plantes à fleurs qui vivent constamment immergées (ou le plus souvent) sont rares mais elles existent :

Les plantes aquatiques produisent des fleurs mais le principal mode de reproduction est végétatif par développement des rhizomes.

La Zostère marine est une plante à fleurs qui se rencontre sur les fonds marins sableux. En Méditerranée on trouve une espèce proche : la Posidonie.

On ne trouve la Posidonie qu'en Méditerranée et seulement en Méditerranée. On dit qu'il s'agit d'une espèce endémique (localisé de façon caractéristique dans un milieu).

Les herbiers de Zostères (ou de Posidonies) forment de vastes prairies sous-marines. Ces herbiers sont un rôle écologique considérable. Ce sont non seulement des zones de reproduction pour de nombreuses espèces mais des "puits à carbone" très efficaces.
La Zostère a failli disparaitre dans les années 30 à cause d'une maladie. Actuellement les ancres de bateaux, certaines formes de pêche et les "marées vertes" constituent une forte pression anthropique (du fait de l'homme) néfaste à la reconstitution des herbiers.

La Spartine maritime est une plante vivace de la famille des Graminées (comme l'Oyat, le Roseau, le Blé ou le Riz). C'est une plante de bord de mer donc régulièrement recouverte par les marées. Grâce à son système racinaire elle fixe les sédiments et contribue à la formation des prés salés.

La Salicorne d'Europe est une plante d'estran très répandue en baie de Somme. Elle pousse sur les vases salées régulièrement recouvertes par la marée. Mais elle a tendance à être supplantée par d'autres espèces dont la Spartine anglaise
La Salicorne est commercialisée sous le nom de "cornichon de mer".
Le cueilleur doit donc couper la Salicorne au couteau et non pas l'arracher avec ses racines pour contribuer à la préservation de l'espèce.

La Spartine anglaise est une espèce invasive apparue pour la première fois vers 1880 dans le sud de l'Angleterre, la Spartine anglaise est une plante d'origine hybride devenue fertile. Elle est née d'un croisement entre l'espèce européenne indigène (Spartine maritime) et une espèce américaine, introduite accidentellement au début du XIXième siècle sur les côtes européennes.
Cette plante colonise les parties les plus élevés de l'estran et fait preuve d'un grand dynamisme supplantant la Spartine indigène et la Salicorne dans de nombreux secteurs. En raison de son réseau dense (trop dense) de rhizomes elle contribue au comblement progressif des baies et estuaires en piégeant les sédiments.

Ci-dessous herbier de Zostères, Salicorne et Spartine Maritime :

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Les Algues

A la différence des plantes à fleurs les algues n'ont ni racine, ni feuille, ni fleurs. Elles sont regroupées par couleurs (on parle d'algues vertes, brunes et rouges) selon les pigments grâce auxquels elles réalisent la photosynthèse.

N'ayant pas de système racinaire l'algue ne tire pas les sels minéraux du sol marin mais du milieu liquide.
Ne pouvant pas vivre sans une certaine quantité de lumière nécessaire à la photosynthèse les algues sont absentes à grande profondeur. Ainsi en Manche et en mer du Nord les algues sont absentes en dessous de 30 mètres.

Les algues vertes

Espèces de Manche et Mer du nord

L'Ulve tubuleuse (ou Entéromorphe).
Cette algue verte déploie de longs filaments en forme d'intestin.

L'Ulve en lame est surnommée "Laitue de mer". C'est l'espèce responsable des "marées vertes" (voir encart).
En raison de la faiblesse de leur crampon les Ulves sont fréquemment arrachées de leur support et sont poussées vers les rivages par les courants. Cette algue est comestible, riche en fer et peut se déguster en salade d'où son surnom.

Le Codium fragile
Algue verte buissonnante cosmopolite. Espèce originaire du Pacifique et hautement invasive.
Sur la photo ci-dessous une Elysie (nudibranche) broutant un codium fragile.

Espèces d'algues vertes caractéristiques de la Méditerranée

Ci-dessous à gauche l'Acétabulaire et à droite le Codium bourse (ou "béret basque") :

L'Acétabulaire est algue unicellulaire mais macroscopique !
Le Codium bourse a la forme d'une grosse boule verte duveteuse.

Ci-dessous deux algues vertes invasives en Méditerranée. A gauche la fameuse "algue tueuse" (Caulerpa taxifolia) et à droite l'algue raisin (Caulerpa racemosa).

La Caulerpa taxifolia doit son nom commun aux composés toxiques qui la rend inconsommable pour les animaux herbivores. Après avoir connu une prolifération catastrophique, elle est maintenant en nette régression pour des raisons inexpliquées.
Mais on s'est réjoui trop vite car la Caulerpa racemosa prend la relève ! Il s'agit d'une espèce lessepsienne (introduite via la canal de Suez).

Les algues vertes vivent dans l'eau (eaux douces et marines) ; il existe cependant quelques espèces terrestres.
ci-dessous des Pleurocoques (algues unicellulaires) sur une écorce (côté humide et à l'ombre) :

Les algues brunes

Espèces de MMN

Le Fucus vésiculeux.
Le Fucus vésiculeux (ou Varech vésiculeux) possède de nombreuses vésicules remplies d'air qui agissent comme des flotteurs. Grâce à ces flotteurs l'algue reste bien dressée dans l'eau et capte au maximum les rayons du soleil. Les utilisations économiques de cette algue sont multiples.

Il existe aussi le Fucus denté et le Fucus spiralé.

Le fucus spiralé supporte très bien la dessiccation. Aussi on la trouve sur la partie haute de l'estran.
Cette espèce n’est pas récoltée contrairement aux deux autres espèces de Fucus

Les laminaires sont les plus grandes algues des mers européennes. Leurs longues frondes appelées lames (d'où leur nom) peuvent mesurer jusqu'à 4 mètres de long. Les laminaires constituent de véritables forêts sous-marine abritant de nombreuses espèces. Le crampon est très charnu.

Himanthle (ou "haricots de mer" ou encore "spaghetti de mer")
En été cette algue brune peut former de véritables forêts.

La Pelvétie
Cette algue brune vit dans la limite supérieure de l'eulittoral. Elle est donc le plus souvent émergée.

La Sargasse japonaise
Il s'agit d'une espèce envahissante introduite en Europe accidentellement. Originaire du Japon, elle arrive sur les côtes anglaises en 1973 puis françaises en 1975 avec l'importation de naissains d'huîtres.
Elle a rapidement colonisé tout le littoral français du fait de sa croissance rapide et des conditions favorables du milieu. Cette algue n’est pas consommée par la faune locale en dehors de quelques oursins.
Tous les moyens mis en œuvre pour lutter contre sa propagation ont été vains. Il semblerait cependant que sa croissance soit actuellement stabilisée et qu'elle ait trouvé sa place dans les écosystèmes.

La Padine queue-de paon (algue brune).
Elle doit son nom à la forme des ses frondes en éventail.

Les algues rouges

Le Goémon frisé
Cette algue vit accrochée aux rochers dans la zone infralittorale de l'estran c'est à dire la zone qui est émergée uniquement à l'occasion des marées de vive-eau. Cette algue est largement utilisée dans l'industrie alimentaire (gélifiant identifié E407).

La Coralline rose
Cette algue est aussi calcifiée ce qui lui donne l'apparence du corail.

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Les lichens

Un lichen est une association de type symbiotique entre un champignon et une algue unicellulaire et microscopique.
Vous avez tous déjà observé la Parmélie qui se développe sur les troncs des arbres.
Les lichens sont aussi très présents sur les estrans rocheux.

Des espèces côtières

On trouve sur les côtes rocheuses et dans la zone des embruns deux espèces de lichen :
LaXanthorie - espèce encroutante et la Ramaline - espèce buissonnante :

Par contre la Verrucaire noire est un lichen qui supporte l’immersion. On la trouve donc dans la limite supérieure de l’estran. De couleur noire ce lichen forme une ceinture caractéristique (image de droite) :

Fonctionnement de la symbiose

Le mycélium du champignon absorbe l'eau et les sels minéraux de la roche. Les algues hébergées font la photosynthès à partir des éléments précédents mais aussi grâce au CO2 atmosphérique et au soleil ; les algues produisent des sucres dont bénéficie en retour le champignon.
La proportion d'algues dans l'association ne dépasse jamais les 10%. Aussi les lichens sont rangés dans le règne fungi et non pas dans celui des végétaux.
Un lichen est capable de stocker une quantité d'eau équivalente à 35 fois son poids !
L'association symbiotique permet au lichen d'acquérir de nouvelles propriétés : il a la capacité de résister aux conditions extrêmes du supralittoral : résistance à la salinité, à de grandes variations de température et à la dessiccation par le vent et le soleil.

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