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Sommaire

Les vertébrés aquatiques

Vertébrés - généralités

Définition

Définition de vertébré : animal doté d'un squelette osseux (ou cartilagineux) qui comporte en particulier une colonne vertébrale et un crâne protégeant le système nerveux central.

On trouve dans ce taxon (sous-embranchement) et selon la classification traditionnelle les super-classes suivantes :

Arbre phylogénique des vertébrés

Un arbre phylogénétique (ou phylogénique) est une représentation schématique qui montre les relations de parenté entre des groupes d'êtres vivants. La phylogenèse est la science qui étudie l'évolution des organismes vivants en vue d'établir leur parenté.

Comment lire l'arbre phylogénique ?

Prenons un exemple !
L'apparition des mâchoires est une innnovation évolutive majeure. La lecture de l'arbre vous montre que les lamproies et myxines en sont dépourvues ; on dit que sont des vertébrés agnathostomes (avec le préfixe A privatif).
Tandis que les autres vertébrés (poissons et tétrapodes) sont gnathostomes (du gr. gnathos, mâchoire, et stoma, bouche).

Deuxième exemple :
Les dipneustes (poissons) et les tétrapodes actuels ont des poumons. Donc les dipneustes et les tétrapodes actuels ont un ancêtre commun.

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Les tétrapodes aquatiques

Les tétrapodes sont des gnathostomes (pourvus de mâchoires) dont le squelette comporte deux paires de membres et dont la respiration est pulmonaire ; ils extraient l'oxygène de l'air.
On distingue traditionnellement parmi les tétrapodes quatre classes qui sont (dans l'ordre d'apparition) :

Les amphibiens ont pour ancêtre un poisson osseux (lequel ? ), les reptiles descendent des amphibiens, les oiseaux et mammifères descendent des reptiles.

Dans le cadre de ce tutoriel de biologie aquatique je n'aborderai que les tétrapodes aquatiques (marins et dulcicoles) : mammifères marins et amphibies, les oiseaux de mer, les reptiles aquatiques et pour terminer, les amphibiens.

Les mammifères marins

Certains mammifères vivent en milieu aquatique marin ou dulcicole. Evoquons d'abord les mammifères marins.

Attention l'expression "Mammifères marins" ne désigne pas un clade (un ancêtre et ses descendants) mais un regroupement selon le critère milieu de vie. En effet les Cétacés sont des "cousins" de l'hippopotame ; les Siréniens de l'éléphant et les Pinnipèdes sont proches des ours.

Leurs ancêtres sont des mammifères terrestres qui sont retournés à la mer. Leur adaptation au milieu marin est plus ou moins parfaite. Les pinnipèdes ont un mode de vie amphibie ; ils passent la plupart de leur temps dans l'eau mais gagnent la terre ferme pour se reproduire, élever leurs jeunes, se reposer, réguler leur température ou échapper à des prédateurs aquatiques.
Par contre les cétacés et les siréniens ont comme les poissons une mode de vie uniquement aquatique. mammifères marins

Faut-il rappeler que les mammifères sont vivipares (les petits viennent au monde parfaitement formés) et que la femelle allaite ses petits, un facteur déterminant pour améliorer le taux de survie des jeunes.

Les mammifères marins sont dotés de poumons et doivent donc faire surface pour respirer. Mais ce sont des champions de l'apnée. Ainsi un Cachalot peut rester 50 minutes sans respirer ; le temps nécessaire pour plonger très profond afin d'attaquer un Calmar géant.
Comme les plongeurs munis d'un tuba, les Cétacés peuvent ventiler sans devoir sortir la tête de l'eau grâce aux évents (narines déplacées sur le haut de la tête). Résultat d'une lente évolution, ils se sont mis à ressembler de plus en plus à des poissons : corps fusiforme sans poils pour un hydrodynamisme parfait ; les pattes sont devenues des "nageoires".

Pour se déplacer les mammifères marins ondulent leur corps de façon verticale (latéralement chez les poissons). Ils ont une épaisse couche de graisse pour protéger leurs organes du froid.

Les mammifères marins sont carnivores sauf les siréniens (dugongs et lamentins) qui sont des brouteurs d'herbiers marins.

Chez les cétacés il faut distinguer les cétacés à dents (dauphins, cachalots, belouga, narval, marsouins) qui sont donc de redoutables prédateurs, des cétacés à fanons (rorqual, baleines franches, baleines grises) qui sont donc de paisibles filtreurs ; se nourrissant surtout de krill (minuscules crevettes qui peuvent constituer des bancs énormes surtout dans les eaux froides).
Le Rorqual (ou Baleine bleue) peut engloutir jusqu'à trois tonnes de krill par jour.
Les pinnipèdes (otaries, phoques, morses) sont piscivores (se nourrissent de poissons). Pour en savoir plus sur les cétacés

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Les mammifères amphibies d'eau douce

Certains mammifères passent l’essentiel de leur existence dans l’eau douce (rivières et lacs) mais exercent certaines activités à terre ; on dit qu'ils sont amphibies.
Je ne citerai que les espèces que l’on peut rencontrer en Europe. Donc je ne traiterai pas de l'Ornithorynque (un mammifère qui pond des oeufs et a un bec de canard) ni de l'Hippopotame d'Afrique, ni de l'Ours blanc polaire.
Ci-dessous de gauche à droite et de bas en haut : Castor européen, Loutre d'Europe, Ragondin et Rat musqué.

Sachez que beaucoup de mammifères amphibies peuvent fermer leurs narines et oreilles dès qu'ils plongent.

Le Castor européen

Le castor est monogame. L’accouplement se déroule dans l’eau.
Le groupe familial vit dans une hutte.
L’animal est strictement herbivore et surtout xylophage (se nourrit de bois).

La Loutre d’Europe

La loutre (ordre des carnivores) est surtout piscivore. L’animal est un chasseur rusé. Il attaque ses proies par dessous profitant d’un angle mort. Elle accule sa victime sous la berge.
L’animal est solitaire. Il construit son terrier personnel. Les couples ne se forment que lors de la période de reproduction.

Le Ragondin

Le ragondin est un rongeur originaire d’Amérique du sud. Il a été introduit volontairement pour la pelleterie mais l’activité a périclité et les individus se sont enfuis ...
L’animal est strictement herbivore.
L’espèce est prolifique. Une femelle peut avoir 3 portées par an avec 4 à 6 petits par portée.
Le ragondin est considéré comme comme une espèce invasive car il cause des dégâts aux cultures et aux berges.

Rat musqué

Ce rongeur est originaire d’Amérique du nord et a été introduit volontairement pour la pelleterie.
Le rat musqué est essentiellement herbivore mais il ne dédaigne pas les bivalves dulcicoles.
Espèce très prolifique dans les mêmes proportions que le Ragondin et également considérée aussi comme invasive.
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Les oiseaux de mer

Les oiseaux sont des tétrapode amniotes (l'embryon est à l'intérieur du liquide amniotique et est protégé par une coquille), couverts de plumes dont les membres antérieurs sont des ailes et dotés d'un bec (mâchoires cornées dépourvues de dents).
Comme les mammifères, les oiseaux sont des animaux à "sang chaud" (ou endothermes : capables de produire de la chaleur corporelle afin que leur température interne soit constante). Les plumes sont un excellent isolant.

Abordons maintenant les oiseaux des côtes et du large : oiseaux marins.

On désigne sous le terme oiseau de mer un volatile qui tire son alimentation en grande partie de la mer ; le terme ne désigne donc pas un clade (un ancêtre et ses descendants) mais un regroupement d'espèces selon le critère "milieu de vie".
Sur plus de 10 000 espèces d'oiseaux environ 300 ont adopté un mode de vie marin.
Il faut distinguer les oiseaux du littoral qui s'aventurent rarement loin du rivage et les oiseaux marins pélagiques qui restent en mer durant des mois et ne reviennent à terre que pour nidifier.
Les espèces de haute mer (hauturières) ont une bonne capacité à flotter ; la pointe de leur bec est crochu pour mieux saisir les poissons ; leurs pattes sont palmées ; ils peuvent absorber de l'eau de mer car ils disposent d'une "glande à sel" qui élimine le sel en excès.

L'albatros hurleur (ou grand Albatros) a la plus grande envergure de tous les oiseaux actuels : jusqu'à 3,7 mètres.
Il se nourrit surtout de calmars. Il suit souvent les bateaux.
Très à l'aise en vol ; un individu peut parcourir 6 000 kms en 12 jours. À terre, ses déplacements sont très gauches ; les atterrissages sont eux aussi problématiques ... On ne rencontre les albratros que dans l'hémisphère sud.

L'Albatros apparaitrait comme un nain par rapport au Pélagornis sandersi qui avait une envergure de plus de 7 mètres.
J'emploie le passé car il a disparu.
Le plus petit oiseau de mer est l'Océanite qui ne pèse que 25 grammes.

Quelques oiseaux marins de MMN (Manche et Mer du Nord)

Il est impossible de donner la liste complète de tous les oiseaux marins fréquentant nos côtes.
Beaucoup ne font que transiter car il s'agit d'espèces migratrices. Je ne citerai que les espèces les plus fréquentes.

Fou de Bassan

C'est un oiseau marin de haute mer, ne vient à terre que pour se reproduire. Son envergure peut atteindre près de 2 mètres.
Sa technique de pêche des poissons est impressionnante ; il effectue un vol en piquée pour pouvoir plonger jusqu'à 20 mètres de profondeur. Il perce l'eau à près de 100 kms/heure.
En France il ne reproduit que dans l'archipel des Sept-Iles (Côtes d'Armor).

Le grand Cormoran

C'est aussi un oiseau piscivore mais davantage côtier. Il est aussi à l'aise en eau douce.
Les adultes sont entièrement noirs. D'ailleurs son nom vernaculaire vient du vieux français corp = corbeau et marenc = marin. Il peut plonger jusqu'à 10 mètres de profondeur.
Après chaque plongée il se perche sur un rocher et étale ses ailes, non pas pour se sécher mais pour accélerer la digestion.

Le Fulmar boréal (Pétrel fulmar)

Cet oiseau est souvent confondu avec une mouette.
Le Fulmar a une façon étonnante d'éloigner ses prédateurs. Il stocke dans son estomac de l'huile extraite de son alimentation. S'il se sent menacé, il crache cette huile avec grande précision et bonne distance ; cette huile pue ; le nom vernaculaire islandais de l'animal veut dire "mouette puante".
Cet oiseau niche dans les Hauts de France (cap Gris-nez).

La Mouette tridactyle

Ce Laridé (famille des mouettes et goélands) se distingue de la Mouette rieuse par sa tête blanche et son bec jaune. Contrairement à sa cousine, c'est un oiseau hauturier qui ne vient à terre que pour la reproduction et lors des tempêtes.

Le Macareux moine

Il est l'emblème de la LPO (Ligue Protectrice des Oiseaux). Oiseau surnommée "clown de mer", "perroquet de mer". L'oiseau peut transporter dans son bec jusqu'à 30 petits poissons (lançons, sprats). En France il se reproduit dans la réserve des Sept-Iles (commune de Perros-Guirec) ; archipel qui ne comporte en fait que cinq îles d'ailleurs.

Huîtrier-pie

Il est appelé aussi "Pie de mer" ; oiseau du littoral qui fréquente les vasières, estuaires et estrans rocheux.

Il se nourrit de mollusques, se servant de son bec pour fracasser la coquille d'un gastéropode ou couper le muscle reliant les deux valves d'une moule ou coque.
Il est aussi capable de décoller les patelles de leur rocher en utilisant son bec comme d'un levier.

Le grand Gravelot

Il s'agit d'une espèce limicole *. Des individus originaires du nord de l'Europe passent l'hiver sur les côtes françaises.

* Limicole : du latin limus = vase et colerer = habiter. Les oiseaux limicoles sont limnivores (se nourrissent de ce que contient la vase); Ils sont aussi appelés "échassiers de rivage".

Le petit Pingouin

Le petit Pingouin (ou Pingouin torda) est présent en France. Il semble mal supporter les pollutions marines ; il s'agit donc d'une espèce gravement menacée.
Le Guillemot de troïl est un proche parent du petit Pingouin ; il s'en distingue par un bec plus allongé et une coloration brune. Le Guillemot est un remarquable plongeur, il peut atteindre 70 mètres de profondeur. Quelques couples nichent dans la réserve naturelle des Sept-Iles (Bretagne nord).
Ci-dessous : petit Pingouin et Guillemot de troïl.

Autres espèces d'oiseaux marins

Le Goéland argenté récupère aussi bien à terre qu'en mer sa nourriture ; il fréquente les décharges ; espèce envahissante.
Il existe d'autres espèces de goélands : Goéland brun, Goéland marin (le plus grand), Goéland leucophée.

La Sterne caugek est surtout piscivore. C'est une espèce migratrice. Identification : calotte noire sur la tête, bec long et noir.

L'Avocette élégante est limnivore : se nourrit de ce qu'elle trouve dans la vase (vers, mollusques).
Son bec si particulier (long bec retroussé) lui permet de balayer latéralement la vase à la recherche d'invertébrés.

Ci-dessous Goéland argenté, Sterne caugek, Sterne nain et Avocette.

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Les reptiles aquatiques

Les reptiles sont des tétrapodes amniotes à "sang froid" (il faut mieux dire ectothermes : incapables de produire de la chaleur corporelle).
On distingue dans cette classe trois grands groupes :

Les serpents

Les serpents sont des tétrapodes qui ont perdu leurs membres (on dit qu'ils sont apodes). Ce qui ne les empêche pas de se déplacer vite par ondulation du corps ; les pattes ont progressivement disparu car étant génants.
Certaines espèces sont parfaitement adaptées au milieu marins. C'est le cas du Laticauda (ou "tricot-rayé").
Distribution : mers chaudes.
Ci-dessous à gauche Laticauda remontant à la surface pour respirer et à droite engloutissant une Murène.
reptiles aquatiques reptiles aquatiques

Les serpents marins peuvent plonger longtemps car la respiration cutanée satisfait le tiers de leurs besoins en oxygène.

Le plus grand serpent aquatique (mais dulcicole) est l'Anaconda. Espèce d'Amazone qui tue par contriction tout en noyant sa proie. reptiles aquatiques

Plus près de chez nous deux espèces européennes de serpents aquatiques : la Couleuvre à collier et la Couleuvre-vipérine.
reptiles aquatiques reptiles aquatiques

Ces deux espèces sont sans danger pour l'homme : dépourvues d'appareil venimeux. Elles peuvent jeuner très longtemps.
La couleuvre-vipèrine (vipère d'eau) est la plus aquatique. Elle nage, tête hors de l'eau en ondulant son corps. Elle peut rester en apnée un quart d'heure. Absente en Hauts de France.

Attention l'Orvet fragile, malgré son apparence, n'est pas un serpent mais un lézard apode. Contrairement au serpent il possède des paupières. Comme tout lézard il est capable d'échapper à son prédateur en lui abandonnant sa queue qui repoussera, mais plus courte.
Distribution : Europe. reptiles aquatiques

Les lézards

Moins impressionnant que le Dragon de Komodo (plus grand lézard du monde), le Varan du Nil nous intéresse car il s'agit d'un animal semi-aquatique.
L'Iguane des Galapagos est quant à lui le seul lézard marin.
reptiles aquatiques reptiles aquatiques

Les chéloniens (tortues)

Les tortues sont munies d'un bec et d'une carapace.

La Cistude (Tortue européenne) est une espèce gravement menacée par la Tortue de Floride (ou Trachémyde à tempes rouges) qui est une espèce invasive.
reptiles aquatiques reptiles aquatiques

Dans les mers chaudes l'espèce la plus répandue de tortue marine est la Tortue franche (ou Tortue verte). reptiles aquatiques

Les crocodiliens

Les yeux, oreilles et narines des crocodiliens sont situés sur la partie supérieure de la tête ; ils peuvent ainsi guetter leur proie tout en gardant la majeure partie de leur corps immergé.
Ils peuplent les marais et rivières des régions chaudes du globe mais parfois les estuaires ... reptiles aquatiques

Le plus grand crocodile est le crocodile marin (Pacifique sud) qui fréquente les estuaires mais parfois les eaux côtières. reptiles aquatiques

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Les amphibiens

Ce sont des animaux uniquement dulcicoles (vivent en eau douce).
Les amphibiens, anciennement batractiens, sont des tétrapodes non-amniotes à "sang froid" ; il faut mieux dire ectothermes : incapables de produire de la chaleur corporelle.

Le terme amphibien est formé de deux mots grecs "amphi" qui signifie deux et "bios" : vie. En effet l'individu connait deux stades dans son existence : un stade larvaire entièrement aquatique (têtard) tel un poisson puis un stade adulte semi-aquatique.
Durant le stade larvaire le "têtard" est doté de branchies et d'une ligne latérale. Au stade adulte les branchies externes (et la ligne latérale) disparaissent et sont remplacées par des poumons. La peau fine et bien vascularisée permet aussi la respiration cutanée.
Même adultes, les amphibiens ne sont pas entièrement affranchis de l'élément aquatique ; ils se déshydratent si leur peau n'est pas constamment humide ; les oeufs, identiques à ceux des poissons (sans coquille dure et sac amniotique), doivent être pondus dans l'eau.

On distingue dans la classe des amphibiens trois groupes :

Ci-dessous le Triton au stade larvaire avec ses branchies externes et au stade adulte (les branchies ont disparu).
amphibiens triton

Ci-dessous la Grenouille taureau.
amphibiens

La Grenouille taureau, originaire d'Amérique du Nord et introduite en Europe, est envahissante dans son aire d'introduction. Il s'agit donc d'une espèce invasive (espèce introduite et invahissante). En effet elle est très prolifique et porteuse saine d'un champignon pathogène (pathogène : porteur de maladie), elle précipite le déclin des espèces locales d'amphibiens.

Ci-dessous un animal qui ressemble à un ver ou un serpent (pas de membres) mais c'est en fait un amphibien apode : la Cécilie amphibiens
Les cécilles qui vivent dans l'humus, la boue des marécages en forêt tropicale voire en eau libre. Distribution : Amérique du sud.

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Les poissons

Généralités

Les poissons sont des vertébrés gnathostomes (pourvus de mâchoires), aquatiques et dotés de branchies (respirent en extrayant l'oxygène contenue dans l'eau). Leur peau est en général couverte d'écailles mais certains groupes en sont dépourvus. les poissons sont dotés de nombreuses nageoires.
Chez les poissons la diversité des formes et des modes de vie semble infinie. Le plus petit poisson mesure 1 cm et le plus gros : 16 mètres. Il existe 25 000 espèces de poissons (dont un millier pour les cartilagineux) soit davantage que l'ensemble des autres vertébrés.
Ci-dessous le plus petit poisson (Trimmatom nanus : 1 cm) et le plus grand (le Requin-baleine : 16 mètres).

On distingue les poissons cartilagineux (chondrichthyens), des poissons osseux (ostéichthyens).

Morphologie d'un poisson cartilagineux

Les fentes branchiales, des nageoires charnues et fixes, la nageoire caudale asymétrique et la bouche ventrale caractérisent les poissons cartilagineux. poissons cartilagineux

Chez les raies les nageoires pectorales sont très développées ("ailes" de raie) ; les fentes branchiales et les narines sont en position ventrale.
Les raies benthiques respirent en aspirant l'eau par leurs stigmates (orifices près de chaque oeil).
Alors que les autres poissons se déplacent en ondulant leur corps, les raies avancent en actionnant leurs nageoires pectorales ; elles donnent l'impression de voler dans l'eau.

Morphologie d'un poisson osseux

L'opercule branchial, les nageoires rayonnées et repliables, la nageoire caudale symétrique caractérisent les poissons osseux. Certains rayons peuvent être épineux voire venimeux. Chaque rayon d’un nageoire impaire est mu par des muscles qui la dresse ou la couche. poisson osseux

Le dessin ne correspond à aucune espèce de poisson osseux.

Notez le nombre élevé de nageoires :

Les nageoires paires (pectorales et pelviennes) sont devenues les membres chez les tétrapodes. Et oui, on a pour ancêtre un poisson osseux.

Flottabilité

Les poissons sont capables de se stabiliser à une certaine profondeur sans bouger les nageoires donc sans gaspiller d’énergie. Alors qu’un nageur dans une piscine qui cesserait de nager, serait quant à lui, irrésistiblement attiré vers le fond car la densité de son corps est supérieure à celle de l’eau douce ?

Comment font les poissons pour se stabiliser sans effort, pour que leur densité s’ajuste à celle du milieu aqueux  ?

Les poissons osseux sont équipés d'une vessie natatoire (ou "vessie gazeuse").
La vessie natatoire est constituée d'un sac membraneux relié à l'oesophage, rempli de gaz situé dans la cavité abdominale. La vessie natatoire est simple ou divisée en deux (étranglement).
Cet organe lui permet d'ajuster sa densité dans l’eau en la gonflant ou la dégonflant. C'est donc l'équivalent du gilet stabilisateur chez le plongeur bouteille.

Les requins ne possèdent pas cet organe. Ils ont résolu le problème en développant un foie surdimensionné (jusqu'à 25% du poids total) qui produit une substance appelée squalène dont la densité est inférieure à celle de l'eau. Il suffit au requin d'ajuster la quantité de ce squalène dans son foie pour faire varier sa densité. Par ailleurs ils ont aussi un squelette très léger car cartilagineux.

Les poissons plats (poissons osseux) sont dépourvus de vessie natatoire mais comme ils vivent sur le fond ...

Les sens

Les poissons cartilagineux sont capables de détecter les faibles signaux électriques émis par les proies potentielles grâce à des organes sensoriels situés sur le museau : les ampoules de Lorenzini.

Tous les poissons ont un "sixième sens" : la ligne latérale. Ils détectent ainsi la moindre variation de pression de l'eau : très utile dans les eaux sombres et pour le déplacement en bancs.

Reproduction

Chez les cartilagineux les sexes sont séparés (un individu nait mâle ou femelle et le reste toute son existence), la fécondation est interne : Le mâle dispose de deux appendices reproducteurs situés sur les nageoires pelviennes : les ptérygopodes.
Les cartilagineux sont ovipares ou ovovivipares. Chez les espèces ovipares l'embryon est contenu dans une capsule composée d'un matériau qui intrigue les chercheurs ...
Ci-dessous ptérygopodes d'un requin : poissons cartilagineux

L'hermaphrodisme est très fréquent chez les poissons osseux. Quelques exemples :

Chez les osseux la fécondation est externe : sperme et ovules émis simultanément par le mâle et la femelle dans le milieu aquatique.

Les osseux sont toujours ovipares (oeufs vont éclore en dehors du corps de la femelle). Deux stratégies possibles :

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Les chondrichthyens ou "poissons" cartilagineux

J'ai mis le terme "poisson" entre guillemets puisque pour beaucoup de zoologistes, le mot "poisson" doit désormais être réservé aux ostéichthyens (vertébrés osseux aquatiques à respiration branchiale et dotés de nageoires). Clade traité plus loin dans ce chapitre.

Chondrocyte est le nom des cellules qui constituent le cartilage de ces poissons.

Si on exclut les Chimères (cartilagineux des abysses) les autres cartilagineux (raies et requins) sont des élasmobranches(dotés de fentes branchiales). Les raies et requins ont la même anatomie. Par contre les raies sont très aplaties : adaptation de leur morphologie à leur vie benthique.
Chez ce clade les écailles ressemblent à des dents. Ainsi la peau de Roussette a longtemps été utilisée comme abrasif.

Environ 400 espèces de requins dont la taille varie de 60 cm (Roussette) à 15 mètres (Requin-Baleine). Chez les requins les fentes branchiales sont latérales.

Environ 450 espèces de Raies. Chez les Raies les fentes branchiales sont ventrales. Leur queue ressemble à un fouet doté souvent d'un dard venimeux. Les nageoires pectorales sont très développées ("ailes" de raie).
Alors que tous les poissons se déplacent en ondulant leur corps, les raies ondulent semblent voler en battant leurs nageoires dorsales.
Certaines espèces de raies sont benthiques (vivent sur le fond) et d'autres sont pélagiques comme la Raie manta.

Il ne faut pas confondre les raies avec les poissons plats (sole, plie, turbot, etc.). Ces deux groupes vivent sur le fond (on dit qu'ils sont benthiques) et sont très aplatis. Mais les raies sont posées sur leur ventre alors que les poissons plats sont posés sur un côté (côté aveugle) et les deux yeux sont sur l'autre côté.
Les "plats" sont des poissons osseux avec une symétrie altérée alors que les raies sont des élasmobranches (cartilagineux).

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Les ostéichthyens ou poissons osseux

La planche ci-dessus présente les poissons marins pêchés donc on retrouve dans cette planche un cartilagineux. Lequel ?

Sachez aussi qu'en eau douce on ne trouve que des poissons osseux.

Ci-dessous anatomie d'un téléostéen (voir encadré ci-dessous pour définition du terme). Notez bien les nageoires rayonnées et la vessie natatoire. poisson osseux

Les téléostéens (super-ordre)

Je rappelle, pour ceux qui n'ont pas eu le courage de lire l'encadré ci-dessus, que les téléostéens sont les poissons osseux "modernes" (ce qui exclut les esturgeons et spatules).

Ci-dessous les principaux ordres parmi les téléostéens :

L'ordre des perciformes

C'est l'ordre le plus vaste et le plus diversifié des poissons osseux mais aussi des vertébrés.
La classification au sein de cet ordre reste contreversée. L'ordre des perciformes c'est 17 sous-ordres et 160 familles ...

Nous ne citerons seulement quelques familles représentées en Manche et mer du Nord.

Serranidés

Ils vivent près des côtes. Corps élancé et argenté avec deux nageoires dorsales de même taille. Ce sont les mérous et serrans.

Moronidés

Dans cette famille on trouve le Bar (ou Loup de mer). Ce poisson est l’objet d’une aquaculture importante. Par opposition au poisson d’élevage, le poisson pêché est nommé "bar de ligne".

Mulidés

C'est la famille des Rougets. Espèce la plus répandue : Rouget de roche.

Blennidés et gobidés

Les Blennies et Gobies sont de petits poissons côtiers souvent confondus.
Le Cabot (l'espèce de Blennie la plus répandue) a un petit "plumeau" sur la tête.
Chez les Gobies les deux nageoires ventrales sont soudées en une sorte de ventouse ; très pratique pour se fixer sur un rocher malgré le ressac.

Scombridés

Ce sont les maquereaux, thons, bonites, espadons. Ce sont des poissons grégaires, pélagiques au corps en forme de "torpille". En avant de la nageoire caudale on observe des pinnules (minuscules nageoires) dorsales et anales.
Les scombridés nagent très vite. Ils sont dépourvus de vessie natatoire ; ils doivent donc nager constamment sous peine de couler. Mais cette privation est aussi un avantage : pouvoir remonter du fond très vite sans risquer "d'exploser" (par la dilatation trop rapide des gaz contenus dans la vessie natatoire).

Sparidés

Ce sont les Dorades, les Sargues. Une seule nageoires dorsale.

Labridés

Ces poissons ont de grosses lèvres. Espèces : Crénilabre, Coquette, Labres, Vieilles, etc.

Trachinidés

C'est la famille des Vives. Une nageoire dorsale épineuse et gorgée de venin. l'animal enfouit dans le sable pour chasser à l'affut.

Anarhichadidés)

Le "loup de l'Atlantique" appelé aussi "Poisson-loup". L'animal a une denture puissante.

Pholidés

La Gonnelle a un corps serpentiforme et recouvert de mucus comme une anguille. Poisson des estrans rocheux. Est capable de respirer de l'air ... par la peau.

Triptérygiidés

Le Triptéryon a trois nageoires dorsales bien séparées (la première épineuse) qui lui ont donné son nom. En période de frai le mâle a une superbe livrée.

Téléostéens : galerie photos

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Essayez d'identifier chaque poisson : nom et ordre/famille.
Trucs : repérez le nombre de nageoires dorsales, la forme du corps. Utilisez la planche "respectons les tailles".
Corrigé dans la partie "annexes" de ce tutoriel.

Les sarcoptérygiens (poissons osseux à nageoires charnues)

Les Dipneuses et Coelacanthes sont des "cousins" du Panderichthys - ce poisson fossile qui est l'ancêtre des amphibiens. sarcoptérygiens

Le Dipneuste est dulcicole ; on le trouve sur trois continents. Sa vessie natatoire bien vascularisée fait fonction de poumon primitif et ainsi l'animal peut s'aventurer sur terre.
Il peut non seulement nager mais aussi ramper en prenant appui sur ses nageoires paires lobées (osseuses et musclées).
On croyait que le Coelacanthe était une espèce éteinte. En fait ce sarcoptérygien s'est réfugié dans les profondeurs.

Ci-dessous Dipneuste australien et Coelacanthe.
sarcoptérygiens sarcoptérygiens

Ci-dessous schéma évolutif résumant la théorie actuelle sur l'évolution des vertébrés.

Pour en savoir plus sur les poissons: Les poissons (osseux) marins Les poissons d'eau douce Les poissons de mer Rouge Des poissons étonnants

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Les Agnathes

Ce sont vertébrés aquatiques archaïques car agnathostomes (sans mâchoires).
Ils ne possèdent pas non plus de nageoires paires (pectorales et pelviennes). Leur corps est anguilliforme et leur peau est visqueuse (sans écailles).
Les lamproies & myxines sont les derniers représentants d'un taxon très important à l'ère primaire. Aussi on les qualifie de "fossile vivant".

La lamproie

La bouche circulaire est entourée de dents cornées qui lui permettent d’arracher des morceaux de chair à ses victimes. Elle se nourrit aussi de son sang.
Observez dans la photo de gauche les orifices branchiaux et dans celle de droite la bouche sans mâchoires.
agnathes agnathes
Ci-dessous Brochet parasité par deux lamproies - morsures du parasite sur un saumon.
agnathes agnathes

La myxine

L’animal est plutôt terrifiant ; il n’a pas d’yeux mais un odorat très développé pour détecter les proies potentielles. La bouche est bordée de quatre ou six tentacules selon les espèces.

Ses système de défense et d'agression sont tout aussi glaçants ...
Lorsqu'elle est attaquée la myxine produit un mucus gélatineux dans l'eau qui peut rapidement engluer les branchies et la bouche de l’agresseur et ainsi, contrecarrer l'attaque.  Les chercheurs s'intéressent beaucoup à ce mucus car ses propriétés sont étonnantes et pourraient déboucher sur des innovations.

Le principal gibier de la myxine est constitué de poissons morts ou agonisants. Elle fonce sur sa proie, enroule son corps en une demi-clé puis enfonce sa tête dans le corps du poisson moribond. Elle arrive à entrer entièrement dans les entrailles de sa victime.
Photo : deux myxines tendrement enlacées.

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