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Biologie aquatique - sommaire

Les vertébrés aquatiques

Vertébrés - généralités

Définition

Définition de vertébré : animal doté d'un squelette osseux (ou cartilagineux) qui comporte en particulier une colonne vertébrale et un crâne protégeant le système nerveux central.

On trouve dans ce taxon (sous-embranchement) et selon la classification traditionnelle les super-classes suivantes :

Arbre phylogénique des vertébrés

Un arbre phylogénétique (ou phylogénique) est une représentation schématique qui montre les relations de parenté entre des groupes d'êtres vivants. La phylogenèse est la science qui étudie l'évolution des organismes vivants en vue d'établir leur parenté.

Comment lire l'arbre phylogénique ?

Prenons un exemple !
L'apparition des mâchoires est une innnovation évolutive majeure. La lecture de l'arbre vous montre que les lamproies et myxines en sont dépourvues ; on dit que sont des vertébrés agnathostomes (avec le préfixe A privatif).
Tandis que les autres vertébrés (poissons et tétrapodes) sont gnathostomes (du gr. gnathos, mâchoire, et stoma, bouche).

Deuxième exemple :
Les dipneustes (poissons) et les tétrapodes actuels ont des poumons. Donc les dipneustes et les tétrapodes actuels ont un ancêtre commun.

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Les tétrapodes aquatiques

Les tétrapodes sont des gnathostomes (pourvus de mâchoires) dont le squelette comporte deux paires de membres et dont la respiration est pulmonaire ; ils extraient l'oxygène de l'air.
On distingue traditionnellement parmi les tétrapodes quatre classes qui sont (dans l'ordre d'apparition) :

Les amphibiens ont pour ancêtre un poisson osseux (lequel ? ), les reptiles descendent des amphibiens, les oiseaux et mammifères descendent des reptiles.

Dans le cadre de ce tutoriel de biologie aquatique je n'aborderai que les tétrapodes aquatiques (marins et dulcicoles) : mammifères marins et amphibies, les oiseaux de mer, les reptiles aquatiques et pour terminer, les amphibiens.

Les mammifères marins

Certains mammifères vivent en milieu aquatique marin ou dulcicole. Evoquons d'abord les mammifères marins.

Attention l'expression "Mammifères marins" ne désigne pas un clade (un ancêtre et ses descendants) mais un regroupement selon le critère milieu de vie. En effet les Cétacés sont des "cousins" de l'hippopotame ; les Siréniens de l'éléphant et les Pinnipèdes sont proches des ours.

Leurs ancêtres sont des mammifères terrestres qui sont retournés à la mer. Leur adaptation au milieu marin est plus ou moins parfaite. Les pinnipèdes ont un mode de vie amphibie ; ils passent la plupart de leur temps dans l'eau mais gagnent la terre ferme pour se reproduire, élever leurs jeunes, se reposer, réguler leur température ou échapper à des prédateurs aquatiques.
Par contre les cétacés et les siréniens ont comme les poissons une mode de vie uniquement aquatique. mammifères marins

Faut-il rappeler que les mammifères sont vivipares (les petits viennent au monde parfaitement formés) et que la femelle allaite ses petits, un facteur déterminant pour améliorer le taux de survie des jeunes.

Les mammifères marins sont dotés de poumons et doivent donc faire surface pour respirer. Mais ce sont des champions de l'apnée. Ainsi un Cachalot peut rester 50 minutes sans respirer ; le temps nécessaire pour plonger très profond afin d'attaquer un Calmar géant.
Comme les plongeurs munis d'un tuba, les Cétacés peuvent ventiler sans devoir sortir la tête de l'eau grâce aux évents (narines déplacées sur le haut de la tête). Résultat d'une lente évolution, ils se sont mis à ressembler de plus en plus à des poissons : corps fusiforme sans poils pour un hydrodynamisme parfait ; les pattes sont devenues des "nageoires".

Pour se déplacer les mammifères marins ondulent leur corps de façon verticale (latéralement chez les poissons). Ils ont une épaisse couche de graisse pour protéger leurs organes du froid.

Les mammifères marins sont carnivores sauf les siréniens (dugongs et lamentins) qui sont des brouteurs d'herbiers marins.

Chez les cétacés il faut distinguer les cétacés à dents (dauphins, cachalots, belouga, narval, marsouins) qui sont donc de redoutables prédateurs, des cétacés à fanons (rorqual, baleines franches, baleines grises) qui sont donc de paisibles filtreurs ; se nourrissant surtout de krill (minuscules crevettes qui peuvent constituer des bancs énormes surtout dans les eaux froides).
Le Rorqual (ou Baleine bleue) peut engloutir jusqu'à trois tonnes de krill par jour.
Les pinnipèdes (otaries, phoques, morses) sont piscivores (se nourrissent de poissons). Pour en savoir plus sur les cétacés

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Les mammifères amphibies d'eau douce

Certains mammifères passent l’essentiel de leur existence dans l’eau douce (rivières et lacs) mais exercent certaines activités à terre ; on dit qu'ils sont amphibies.
Je ne citerai que les espèces que l’on peut rencontrer en Europe. Donc je ne traiterai pas de l'Ornithorynque (un mammifère qui pond des oeufs et a un bec de canard) ni de l'Hippopotame d'Afrique, ni de l'Ours blanc polaire.
Ci-dessous de gauche à droite et de bas en haut : Castor européen, Loutre d'Europe, Ragondin et Rat musqué.

Sachez que beaucoup de mammifères amphibies peuvent fermer leurs narines et oreilles dès qu'ils plongent.

Le Castor européen

Le castor est monogame. L’accouplement se déroule dans l’eau.
Le groupe familial vit dans une hutte.
L’animal est strictement herbivore et surtout xylophage (se nourrit de bois).

La Loutre d’Europe

La loutre (ordre des carnivores) est surtout piscivore. L’animal est un chasseur rusé. Il attaque ses proies par dessous profitant d’un angle mort. Elle accule sa victime sous la berge.
L’animal est solitaire. Il construit son terrier personnel. Les couples ne se forment que lors de la période de reproduction.

Le Ragondin

Le ragondin est un rongeur originaire d’Amérique du sud. Il a été introduit volontairement pour la pelleterie mais l’activité a périclité et les individus se sont enfuis ...
L’animal est strictement herbivore.
L’espèce est prolifique. Une femelle peut avoir 3 portées par an avec 4 à 6 petits par portée.
Le ragondin est considéré comme comme une espèce invasive car il cause des dégâts aux cultures et aux berges.

Rat musqué

Ce rongeur est originaire d’Amérique du nord et a été introduit volontairement pour la pelleterie.
Le rat musqué est essentiellement herbivore mais il ne dédaigne pas les bivalves dulcicoles.
Espèce très prolifique dans les mêmes proportions que le Ragondin et également considérée aussi comme invasive.
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Les oiseaux de mer

Les oiseaux sont des tétrapode amniotes (l'embryon est à l'intérieur du liquide amniotique et est protégé par une coquille), couverts de plumes dont les membres antérieurs sont des ailes et dotés d'un bec (mâchoires cornées dépourvues de dents).
Comme les mammifères, les oiseaux sont des animaux à "sang chaud" (ou endothermes : capables de produire de la chaleur corporelle afin que leur température interne soit constante). Les plumes sont un excellent isolant.

Abordons maintenant les oiseaux des côtes et du large : oiseaux marins.

On désigne sous le terme oiseau de mer un volatile qui tire son alimentation en grande partie de la mer ; le terme ne désigne donc pas un clade (un ancêtre et ses descendants) mais un regroupement d'espèces selon le critère habitat.
Sur plus de 10 000 espèces d'oiseaux environ 300 ont adopté un mode de vie marin.
Il faut distinguer les oiseaux du littoral qui s'aventurent rarement loin du rivage et les oiseaux marins pélagiques qui restent en mer durant des mois et ne reviennent à terre que pour nidifier.
Les espèces de haute mer (hauturières) ont une bonne capacité à flotter ; la pointe de leur bec est crochu pour mieux saisir les poissons ; leurs pattes sont palmées ; ils peuvent absorber de l'eau de mer car ils disposent d'une "glande à sel" qui élimine le sel en excès.

L'albatros hurleur (ou grand Albatros) a la plus grande envergure de tous les oiseaux actuels : jusqu'à 3,7 mètres.
Il se nourrit surtout de calmars. Il suit souvent les bateaux.
Très à l'aise en vol ; un individu peut parcourir 6 000 kms en 12 jours. À terre, ses déplacements sont très gauches ; les atterrissages sont eux aussi problématiques ...
On ne rencontre les albratros que dans l'hémisphère sud.

L'Albatros apparaitrait comme un nain par rapport au Pélagornis sandersi qui avait une envergure de plus de 7 mètres.
J'emploie le passé car il s'agit d'une espèce fossile.
Le plus petit oiseau de mer est l'Océanite qui ne pèse que 25 grammes.
Ci-dessous Albatros, dessin du Pélagornis sandersi donnant l'échelle, Océanite.

Quelques oiseaux marins de MMN (Manche et Mer du Nord)

Il est impossible de lister de façon exhaustive tous les oiseaux marins fréquentant nos côtes.
Beaucoup ne font que transiter car il s'agit d'espèces migratrices. Nous ne citerons que les espèces les plus fréquentes.

Fou de Bassan

C'est un oiseau marin de haute mer, ne vient à terre que pour se reproduire. Son envergure peut atteindre près de 2 mètres.
Sa technique de pêche des poissons est impressionnante ; il effectue un vol en piquée pour pouvoir plonger jusqu'à 20 mètres de profondeur. Il perce l'eau à près de 100 kms/heure.
En France il ne reproduit que dans l'archipel des Sept-Iles (Côtes d'Armor).

Le grand Cormoran

C'est aussi un oiseau piscivore mais davantage côtier. Il est aussi à l'aise en eau douce.
Les adultes sont entièrement noirs. D'ailleurs son nom vernaculaire vient du vieux français corp = corbeau et marenc = marin. Il peut plonger jusqu'à 10 mètres de profondeur.
Après chaque plongée il se perche sur un rocher et étale ses ailes, non pas pour se sécher mais pour accélerer la digestion.

Le Fulmar boréal (Pétrel fulmar)

Cet oiseau est souvent confondu avec une mouette.
Le Fulmar a une façon étonnante d'éloigner ses prédateurs. Il stocke dans son estomac de l'huile extraite de son alimentation. S'il se sent menacé, il crache cette huile avec grande précision et bonne distance ; cette huile pue !
Cet oiseau niche dans les Hauts de France (cap Gris-nez).

La Mouette tridactyle

Ce Laridé (famille des mouettes et goélands) se distingue de la Mouette rieuse par sa tête blanche et son bec jaune. Contrairement à sa cousine, c'est un oiseau hauturier qui ne vient à terre que pour la reproduction et lors des tempêtes.

Le Macareux moine

Il est l'emblème de la LPO (Ligue Protectrice des Oiseaux). Oiseau surnommée "clown de mer" ou encore "perroquet de mer". L'oiseau peut transporter dans son bec jusqu'à 30 petits poissons (lançons, sprats).
En France il se reproduit dans la réserve des Sept-Iles (commune de Perros-Guirec).

Huîtrier-pie

Il est appelé aussi "Pie de mer" ; oiseau du littoral qui fréquente les vasières, estuaires et estrans rocheux.

Il se nourrit de mollusques, se servant de son bec pour fracasser la coquille d'un gastéropode ou couper le muscle reliant les deux valves d'une moule ou coque.
Il est aussi capable de décoller les patelles de leur rocher en utilisant son bec comme d'un levier.

Le grand Gravelot

Il s'agit d'une espèce limicole *. Des individus originaires du nord de l'Europe passent l'hiver sur les côtes françaises.

* Limicole : du latin limus = vase et colerer = habiter. Les oiseaux limicoles sont limnivores (se nourrissent de ce que contient la vase); Ils sont aussi appelés "échassiers de rivage".

Le petit Pingouin et le Guillemot

Le petit Pingouin (ou Pingouin torda) est présent en France. Il semble mal supporter les pollutions marines ; il s'agit donc d'une espèce gravement menacée.
Le Guillemot de troïl est un proche parent du petit Pingouin ; il s'en distingue par un bec plus allongé et une coloration brune. Le Guillemot est un remarquable plongeur, il peut atteindre 70 mètres de profondeur. Quelques couples nichent dans la réserve naturelle des Sept-Iles (Bretagne nord).
Ci-dessous petit Pingouin et Guillemot de troïl.

Sternes

La Sterne caugek est surtout piscivore. C'est une espèce migratrice. Identification : calotte noire sur la tête, bec long et noir. Le terme "caugek" fait référence au cri de cet oiseau.
Sterne naine : front blanc et bec jaune.
Ci-dessous un Sterne caugek et un groupe de Sternes naines.

Goélands

Il existe de nombreuses espèces de goélands : Goéland argenté, Goéland brun, Goéland marin (le plus grand), Goéland leucophée.
Le Goéland argenté (photo ci-dessous) récupère aussi bien à terre qu'en mer sa nourriture ; il fréquente aussi les décharges. Il s'agit d'une espèce envahissante (menace la biodiversité aviaire) alors qu'il avait failli disparaitre au début du XXième siècle (collecte des oeufs et chasse par l'homme).

Avocette

L'Avocette élégante est limnivore (se nourrit de ce qu'elle trouve dans la vase : vers, mollusques, ...). Son bec si particulier (long bec retroussé) lui permet de balayer latéralement la vase à la recherche d'invertébrés.

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Les reptiles aquatiques

Les reptiles sont des tétrapodes amniotes* à "sang froid" ; il faut mieux dire ectothermes : incapables de produire de la chaleur corporelle. Mais ils adoptent différentes stratégies pour limiter les variations de leur température interne : exposition au soleil pour faire monter la température du corps, enfouissement ou bain lorsque celle-ci devient trop élevée.
On distingue dans cette classe trois grands groupes :

* Amniote : voir encadré en fin de chapitre.

Les serpents

Les serpents sont des tétrapodes qui ont perdu leurs membres (on dit qu'ils sont apodes). Ce qui ne les empêche pas de se déplacer vite par ondulation du corps.
Certaines espèces sont parfaitement adaptées au milieu marins. C'est le cas du Laticauda (ou "tricot-rayé").
Distribution : mers chaudes.
Ci-dessous à gauche Laticauda remontant à la surface pour respirer et à droite engloutissant une Murène.
reptiles aquatiques reptiles aquatiques

Les serpents marins peuvent plonger longtemps car la respiration cutanée satisfait le tiers de leurs besoins en oxygène.

Le plus grand serpent aquatique (mais dulcicole) est l'Anaconda. Espèce d'Amazone qui tue par contriction tout en noyant sa proie. reptiles aquatiques

Plus près de chez nous, deux espèces européennes de serpents aquatiques : la Couleuvre à collier et la Couleuvre-vipérine.
reptiles aquatiques reptiles aquatiques

Ces deux espèces sont sans danger pour l'homme : dépourvues d'appareil venimeux. Elles peuvent jeuner très longtemps.
La couleuvre-vipèrine (vipère d'eau) est la plus aquatique. Elle nage, tête hors de l'eau en ondulant son corps. Elle peut rester en apnée un quart d'heure. Absente en Hauts de France.

Attention l'Orvet fragile, malgré son apparence, n'est pas un serpent mais un lézard apode. Contrairement au serpent il possède des paupières. Comme tout lézard il est capable d'échapper à son prédateur en lui abandonnant sa queue qui repoussera, mais plus courte.
Distribution : Europe. reptiles aquatiques

Les lézards

Moins impressionnant que le Dragon de Komodo (plus grand lézard du monde), le Varan du Nil nous intéresse car il s'agit d'un animal semi-aquatique.
L'Iguane des Galapagos est quant à lui le seul lézard marin.
Ci-dessous Varan du Nil et Iguane des Galapagos.
reptiles aquatiques reptiles aquatiques

Les chéloniens (tortues)

Les tortues sont munies d'un bec et d'une carapace.

La Cistude (Tortue européenne) est une espèce gravement menacée par la Tortue de Floride qui est une espèce invasive.

Dans les mers chaudes l'espèce la plus répandue de tortue marine est la Tortue franche (ou Tortue verte).

Les crocodiliens

Leur peau est épaisse et couverte d'écailles. On distingue trois familles : les crocodiles, les gavials (uniquement dans le Gange) et les alligators (ou caïmans) en Amérique.
Les yeux, oreilles et narines des crocodiliens sont situés sur la partie supérieure de la tête ; ils peuvent ainsi guetter leur proie tout en gardant la majeure partie de leur corps immergé.
Les crocodiliens sont en effet des animaux amphibies ; aussi à l'aise dans l'eau que sur terre.
Animaux ectothermes, ils ne doivent jamais être éloignés d'un plan d'eau pour pouvoir s'y rafraichir.
Ils peuplent les marais et rivières des régions chaudes du globe mais parfois les estuaires.

Comme les tortues, ils enfouissent leurs oeufs dans le sable.

Le plus grand crocodilien est le Crocodile marin (Pacifique sud) qui fréquente les estuaires mais parfois les eaux côtières.
C'est pas sorcier : les crocodiles

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Les amphibiens

Ce sont des animaux uniquement dulcicoles (vivent en eau douce).
Les amphibiens, anciennement batractiens, sont des tétrapodes non-amniotes à "sang froid" ; il faut mieux dire ectothermes : incapables de produire de la chaleur corporelle.

Le terme amphibien est formé de deux mots grecs "amphi" qui signifie deux et "bios" : vie. En effet l'individu connait deux stades dans son existence : un stade larvaire entièrement aquatique (têtard) tel un poisson puis un stade adulte semi-aquatique.
Durant le stade larvaire le "têtard" est doté de branchies et d'une ligne latérale. Au stade adulte les branchies externes (et la ligne latérale) disparaissent et sont remplacées par des poumons. La peau fine et bien vascularisée permet aussi la respiration cutanée.
Même adultes, les amphibiens ne sont pas entièrement affranchis de l'élément aquatique ; ils se déshydratent si leur peau n'est pas constamment humide ; les oeufs, identiques à ceux des poissons (sans coquille dure et sac amniotique), doivent être pondus dans l'eau.

On distingue dans la classe des amphibiens trois groupes :

Ci-dessous le Triton au stade larvaire avec ses branchies externes et au stade adulte (les branchies ont disparu).
amphibiens triton

Ci-dessous la Grenouille taureau.
amphibiens

La Grenouille taureau, originaire d'Amérique du Nord et introduite en Europe, est envahissante dans son aire d'introduction. Il s'agit donc d'une espèce invasive (espèce introduite et invahissante). En effet elle est très prolifique et porteuse saine d'un champignon pathogène (pathogène : porteur de maladie), elle précipite le déclin des espèces locales d'amphibiens.

Ci-dessous un animal qui ressemble à un ver ou un serpent (pas de membres) mais c'est en fait un amphibien apode : la Cécilie amphibiens
Les cécilles qui vivent dans l'humus, la boue des marécages en forêt tropicale voire en eau libre. Distribution : Amérique du sud.

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Les poissons

Généralités

Les poissons sont des vertébrés gnathostomes (pourvus de mâchoires), aquatiques et dotés de branchies (respirent en extrayant l'oxygène contenue dans l'eau). Leur peau est en général couverte d'écailles mais certains groupes en sont dépourvus. les poissons sont dotés de nombreuses nageoires.
Chez les poissons la diversité des formes et des modes de vie semble infinie. Le plus petit poisson mesure 1 cm et le plus gros : 16 mètres. Il existe 25 000 espèces de poissons (dont un millier pour les cartilagineux) soit davantage que l'ensemble des autres vertébrés.
Ci-dessous le plus petit poisson (Trimmatom nanus : 1 cm) et le plus grand (le Requin-baleine : 16 mètres).

On distingue les poissons cartilagineux (chondrichthyens), des poissons osseux (ostéichthyens).

Morphologie d'un poisson cartilagineux

Les fentes branchiales, des nageoires charnues non repliables, la nageoire caudale asymétrique et la bouche ventrale caractérisent les poissons cartilagineux. poissons cartilagineux

Chez les raies les nageoires pectorales sont très développées ("ailes" de raie) ; les fentes branchiales et les narines sont en position ventrale.
Les raies benthiques respirent en aspirant l'eau par leurs stigmates (orifices près de chaque oeil).
Alors que les autres poissons se déplacent en ondulant leur corps, les raies avancent en actionnant leurs nageoires pectorales ; elles donnent l'impression de voler dans l'eau.

Morphologie d'un poisson osseux

L'opercule branchial, les nageoires rayonnées et repliables, la nageoire caudale symétrique caractérisent les poissons osseux. Certains rayons peuvent être épineux voire venimeux. Chaque rayon d’un nageoire impaire est mu par des muscles qui la dresse ou la couche. poisson osseux

Le dessin ne correspond à aucune espèce de poisson osseux.

Notez le nombre élevé de nageoires :

Les nageoires paires (pectorales et pelviennes) sont devenues les membres chez les tétrapodes. Et oui, on a pour ancêtre un poisson osseux.

Flottabilité

Les poissons sont capables de se stabiliser à une certaine profondeur sans bouger les nageoires donc sans gaspiller d’énergie. Alors qu’un nageur dans une piscine qui cesserait de nager, serait quant à lui, irrésistiblement attiré vers le fond car la densité de son corps est supérieure à celle de l’eau douce ?

Comment font les poissons pour se stabiliser sans effort, pour que leur densité s’ajuste à celle du milieu aqueux  ?

Les poissons osseux sont équipés d'une vessie natatoire (ou "vessie gazeuse").
La vessie natatoire est constituée d'un sac membraneux relié à l'oesophage, rempli de gaz situé dans la cavité abdominale. La vessie natatoire est simple ou divisée en deux (étranglement).
Cet organe lui permet d'ajuster sa densité dans l’eau en la gonflant ou la dégonflant. C'est donc l'équivalent du gilet stabilisateur chez le plongeur bouteille.

Les requins ne possèdent pas cet organe. Ils ont résolu le problème en développant un foie surdimensionné (jusqu'à 25% du poids total) qui produit une substance appelée squalène dont la densité est inférieure à celle de l'eau. Il suffit au requin d'ajuster la quantité de ce squalène dans son foie pour faire varier sa densité. Par ailleurs ils ont aussi un squelette très léger car cartilagineux.
Ci-dessous foie de requin et vessie natatoire de Gardon.

Les poissons plats (poissons osseux) sont dépourvus de vessie natatoire mais comme ils vivent sur le fond, ils n'en n'ont guère besoin.

Les sens

Les poissons cartilagineux sont capables de détecter les faibles signaux électriques émis par les proies potentielles grâce à des organes sensoriels situés sur le museau : les ampoules de Lorenzini.

Tous les poissons ont un "sixième sens" : la ligne latérale. Ils détectent ainsi la moindre variation de pression de l'eau : très utile dans les eaux sombres et pour le déplacement en bancs.
Cette ligne est constituée d'organes mécanorécepteurs, à savoir des écailles percées d'un trou et reliées à des cellules sensorielles (Doris).

Reproduction

Chez les cartilagineux les sexes sont séparés (un individu nait mâle ou femelle et le reste toute son existence), la fécondation est interne : Le mâle dispose de deux appendices reproducteurs situés sur les nageoires pelviennes : les ptérygopodes.
Les cartilagineux sont ovipares ou ovovivipares. Chez les espèces ovipares l'embryon est contenu dans une capsule composée d'un matériau qui intrigue les chercheurs ...
Ci-dessous ptérygopodes d'un requin : poissons cartilagineux

L'hermaphrodisme est très fréquent chez les poissons osseux. Quelques exemples :

Chez les osseux la fécondation est externe : sperme et ovules émis simultanément par le mâle et la femelle dans le milieu aquatique.

Les osseux sont toujours ovipares (oeufs vont éclore en dehors du corps de la femelle). Deux stratégies possibles :

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Les chondrichthyens ou poissons cartilagineux

Chondrocyte est le nom des cellules qui constituent le cartilage de ces poissons.

Si on exclut les Chimères (cartilagineux des abysses), les autres cartilagineux (raies et requins) sont des élasmobranches : dotés de fentes branchiales. Les raies et requins ont la même anatomie mais pas la même morphologie. Ainsi les raies sont très aplaties pour s'adapter à leur vie benthique ; les fentes branchiales sont ventrales (latérales chez les requins).
Chez les cartilagineux les écailles ressemblent à des dents. Ainsi la peau de Roussette a longtemps été utilisée comme abrasif.

Environ 400 espèces de requins dont la taille varie de 60 cm (Roussette) à 15 mètres (Requin-Baleine).

Environ 450 espèces de Raies. Leur queue ressemble à un fouet doté souvent d'un dard venimeux. Les nageoires pectorales sont très développées ("ailes" de raie).
Alors que tous les poissons se déplacent en ondulant leur corps, les raies ondulent leurs "ailes" (nageoires pectorales).
Certaines espèces de raies sont benthiques (vivent sur le fond) et d'autres sont pélagiques comme la Raie manta.

Les cartilagineux de Manche et mer du nord

Vendue sous le nom de "Saumonette", la Roussette est une petite espèce ovipare de requin.
L'oeuf est constitué d'une capsule robuste (abritant l'embryon) qui s'accroche à une algue ou un rocher grâce à de longs filaments.
poissons cartilagineux poissons cartilagineux

Raie bouclée

Espèce appartenant au genre Raja. C'est l'espèce de raie la plus commune. Poisson benthique.
Les raies du genre Raja pondent des oeufs avec des pointes prolongées de "cornes".
poissons cartilagineux poissons cartilagineux

Raie pastenague commune
poissons cartilagineux

Attention : aiguillon venimeux sur la queue. Espèce benthique.

Ange de mer

Ce squale a plutôt l'aspect d'une raie. Espèce ovovivipare. poissons cartilagineux

Émissole lisse

Corps très fusiforme. C'est un requin vivipare. poissons cartilagineux

Aiguillat ou "chien de mer"

Il s'agit aussi d'un requin vivipare ; la période de gestation peut durer 24 mois ...
Absence de nageoire anale ; une forte épine devant chacune des nageoires dorsales. poissons cartilagineux

Requin pèlerin

Le plus gros poisson après le requin Baleine. Mais totalement inoffensif : animal planctophage qui se déplace quelques mètres sous la surface. Il s'agit donc d'un poisson pélagique (qui vit en pleine eau) et hauturier (pleine mer).
L'espèce est ovovivipare avec cannibalisme intra-utérin : les embryons éclos dévorent les autres oeufs. poissons cartilagineux

Requin taupe

Il fréquente la Manche et la mer du Nord mais les rencontres avec cet animal sont exceptionnelles ; il ne s'aventure jamais dans les eaux littorales. poissons cartilagineux

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Les ostéichthyens (ou poissons osseux)

Pour beaucoup de zoologistes le terme "poisson" devrait être réservé aux ostéichthyens.
Hormis les esturgeons et les spatules (poissons osseux primitifs), les autres osseux sont des téléostéens (poissons osseux modernes).

La planche ci-dessus présente les poissons marins pêchés donc on retrouve dans cette planche un cartilagineux. Lequel ?
Tous les poissons représentés dans sur cette planche ont une nageoire caudale symétrique sauf la Roussette qui de plus est dépourvue d'opercule branchial. Donc l'intrus est la Roussette (cartilagineux).
Notez que le nombre de nageoires dorsales et anales varie selon les groupes de poissons osseux.

Ci-dessous anatomie d'un téléostéen (poisson osseux moderne). Notez bien la vessie natatoire dont sont pourvus pratiquement tous les téléostéens sauf les poissons "plats" et les scombridés (Maquereau, Thon, ...) poisson osseux

Pleuronectiformes ou "poissons plats"

Il ne faut pas confondre les "poissons plats" (sole, plie, turbot, flétan, etc.) avec les raies. Ces deux groupes vivent sur le fond (on dit qu'ils sont benthiques) et sont devenus de plus en plus aplatis pour s'adapter à leur milieu. Mais les raies sont posées sur leur ventre alors que les "poissons plats" sont posés sur un côté (côté aveugle), les deux yeux étant sur l'autre côté.
Les raies sont des cartilagineux alors que les "poissons plats" appartiennent au groupe des poissons osseux.
Tous les poissons plats fréquentent les fonds sablo-vaseux sauf le Targeur (ou "Sole de roche") qui préfère les fonds "durs". Il peut se "coller" sur la roche.
Ci-dessous un Targeur "collé" sur la roche et planche naturaliste de cette espèce. Notez bien les deux yeux du même côté.

Jeu : identification de poissons osseux

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Quelques clés d'identification

Essayez d'identifier chaque poisson : nom et ordre/famille.
Trucs : repérez le nombre de nageoires dorsales, la forme du corps et utilisez la planche "respectons les tailles".

Voir la correction !

Les téléostéens (super-ordre)

Je rappelle, pour ceux qui n'ont pas eu le courage de lire l'encadré ci-dessus, que les téléostéens sont les poissons osseux "modernes" (ce qui exclut les esturgeons et spatules). Ils sont entièrement osseux avec une bouche dentée et une nageoire caudale symétrique.

Ci-dessous les principaux ordres parmi les téléostéens :

Les chondrostéens (super-ordre)

Rappel : il s'agit de poissons osseux primitifs : squelette en grande partie cartilagineux et nageoire caudale asymétrique. La plupart sont fossiles.
Il subsiste cependant les esturgeons et les spatules (ordre des Acipenseriformes).
Les spatules sont des espèces gravement menacées d'extinction à cause de braconnage. La Spatule géante chinoise (photo ci-dessous) a été déclaréé officiellement éteinte début 2020.
Ci-dessous Esturgeon européen et Spatule chinoise.

Les sarcoptérygiens (poissons osseux à nageoires charnues)

Les Dipneuses et Coelacanthes sont des "cousins" du Panderichthys - ce poisson fossile qui est l'ancêtre des amphibiens. sarcoptérygiens

Le Dipneuste est dulcicole ; on le trouve sur trois continents. Sa vessie natatoire bien vascularisée fait fonction de poumon primitif et ainsi l'animal peut s'aventurer sur terre.
Il peut non seulement nager mais aussi ramper en prenant appui sur ses nageoires paires lobées (osseuses et musclées).
On croyait que le Coelacanthe était une espèce éteinte. En fait ce sarcoptérygien s'est réfugié dans les profondeurs.

Ci-dessous Dipneuste australien et Coelacanthe.
sarcoptérygiens sarcoptérygiens

Pour en savoir plus sur les poissons: Les poissons (osseux) marins Les poissons d'eau douce Les poissons de mer Rouge Des poissons étonnants

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Les Agnathes

Ce sont vertébrés aquatiques archaïques car agnathostomes (sans mâchoires).
Ils ne possèdent pas non plus de nageoires paires (pectorales et pelviennes). Leur corps est anguilliforme et leur peau est visqueuse (sans écailles).
Les lamproies & myxines sont les derniers représentants d'un taxon très important à l'ère primaire. Aussi on les qualifie de "fossile vivant".

La lamproie

La bouche circulaire est entourée de dents cornées qui lui permettent d’arracher des morceaux de chair à ses victimes. Elle se nourrit aussi de son sang.
Observez dans la photo de gauche les orifices branchiaux et dans celle de droite la bouche sans mâchoires.

Ci-dessous Sériole parasitée - morsures du parasite sur un saumon.

La myxine

L’animal est plutôt terrifiant ; il n’a pas d’yeux mais un odorat très développé pour détecter les proies potentielles. La bouche est bordée de quatre ou six tentacules selon les espèces.

Ses système de défense et d'agression sont tout aussi glaçants ...
Lorsqu'elle est attaquée la myxine produit un mucus gélatineux dans l'eau qui peut rapidement engluer les branchies et la bouche de l’agresseur et ainsi, contrecarrer l'attaque.  Les chercheurs s'intéressent beaucoup à ce mucus car ses propriétés sont étonnantes et pourraient déboucher sur des innovations.

Le principal gibier de la myxine est constitué de poissons morts ou agonisants. Elle fonce sur sa proie, enroule son corps en une demi-clé puis enfonce sa tête dans le corps du poisson moribond. Elle arrive à entrer entièrement dans les entrailles de sa victime.
Photo : deux myxines tendrement enlacées.

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